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Les directives anticipees

Jeudi 03 Mai 2012


Les "directives anticipées" sont un document écrit et signé par lequel une personne consigne ses volontés quant aux traitements et aux soins ainsi qu’à l’accompagnement qu'elle voudra ou ne voudra pas recevoir si elle devient inconsciente ou si elle se trouve dans un état tel qu'elle n'est plus capable d'exprimer sa volonté.

Le droit du patient de formuler des directives anticipées est le résultat conjoint de l’évolution des lois et de l’éthique médicale vers le concept d’autonomie du patient.

Pour se faire, la loi du 22 avril 2005, dite loi Léonetti en a défini le cadre complété par un décret du 6 février 2006.. Quand elles existent, les directives anticipées devraient être accessibles au médecin appelé au chevet du malade : s’il ne doit pas s’y conformer obligatoirement, le médecin anesthésiste ou le chirurgien, est censé en prendre connaissance.

Encore faut-il que ce texte, une fois disponible, ne contienne pas des informations inexploitables telles qu’une formulation floue. Par exemple un « refus de l’acharnement thérapeutique ». En effet, quel praticien est à même de planifier ou de revendiquer un acharnement ou une obstination déraisonnable ? Les formulaires existant en langue française proposent seulement un texte libre qui semble insuffisant à lui seul pour guider correctement l’expression de la volonté du malade.

Cette difficulté devient souvent majeure lors des gardes et astreintes ainsi que lors d’un remplacement si le dossier ne contient pas d’indication sur les volontés de la personne soignée en l’absence de personne de confiance, de famille ou de proche.

Ou encore si ceux-ci ne peuvent pas rapporter les desiderata du patient. Bien qu’il ne soit pas possible d’envisager toutes les thérapeutiques relevant des toutes les situations plausibles, il est loisible de considérer celles qui sont les plus fréquentes. Concrètement, les états terminaux, les démences évoluées et les lésions cérébrales irréversibles peuvent poser la question de l’opportunité de certaines mesures : réanimation cardiorespiratoire, ventilation artificielle, nutrition et hydratation, hémodialyse, antibiotiques … Plutôt qu’une diffusion large de ce document, il nous semble judicieux de se cantonner à proposer un tel questionnaire à des personnes faisant état de leur volonté de rédiger des directives anticipées, souvent dans une optique déclarée d’évitement de tout « acharnement thérapeutique » ou pour les refus de transfusion.

En effet, la plupart des personnes qui rédigent de telles directives craignent surtout le caractère excessif et inefficace des traitements curatifs en phase terminale de leur vie alors que leur situation physique et/ou intellectuelle s'avère manifestement irréversible ou le nom respect de leur conviction religieuse.

A l’inverse, la grande majorité de nos contemporains ne rédigent aucun écrit à l’attention des médecins qui seraient amenés à les soigner en cas d’incapacité à s’exprimer.

Une proposition de réponses à un questionnaire sur ce thème pourrait placer inutilement ces personnes dans l’embarras par non-respect de leur déni sur les situations possibles à venir. Des entrevues avec le patient sont indispensables pour préciser les points obscurs et recueillir ses desiderata souvent impossibles à formuler de prime abord.

Les directives anticipées sont un écrit traduisant la volonté d’une personne au cas où elle ne pourrait plus s’exprimer sur son état de santé. C’est le cas par exemple lors d’un coma ou d’une maladie d’Alzheimer très évoluée. Leur rédaction n’est pas obligatoire. Leur contenu n’est pas défini précisément par la loi.

Il est important de souligner qu’elles ont seulement une valeur consultative : ceci signifie qu’elles ne s’imposent pas au médecin qui reste juge de la conduite à tenir dans une situation donnée. Toutefois, celui-ci doit en prendre connaissance afin d’en tenir compte. Contexte : Que dit la loi française du 22 avril 2005 (dite loi Léonetti) ? Extrait de l’article L. 1111-11. : « Toute personne majeure peut rédiger des directives anticipées pour le cas où elle serait un jour hors d'état d'exprimer sa volonté.

Ces directives anticipées indiquent les souhaits de la personne relatifs à sa fin de vie concernant les conditions de la limitation ou l'arrêt de traitement. Elles sont révocables à tout moment. » Un décret du 6 février 2006 en précise les modalités : Extrait de l’article 1111-17. : « Les directives anticipées mentionnées à l'article L. 1111-11 s'entendent d'un document écrit, daté et signé par leur auteur dûment identifié par l'indication de ses nom, prénom, date et lieu de naissance. »

Nous n’envisagerons ci-dessous que les principales situations susceptibles de se présenter alors que vous seriez hors d’état de vous prononcer sur la conduite à tenir. Rôle de la Clinique : Nous devons demander à chaque patient si des directives anticipées ont été rédigées et de les apportés en vue de les insérer dans son dossier médical de la clinique.

Nous devons pouvoir proposer aux patients, un formulaire à remplir (disponible dans le bureau des pré admissions et sur Blue Medi) et d’en faire une copie pour l’insérer dans son dossier médical. Pour les employés de la clinique, un formulaire est donné avec ce Livret Bleu pour un usage privé. Durée de validité de ce document : Extraits de l’article 1111-18. : « Leur durée de validité de trois ans est renouvelable par simple décision de confirmation signée par leur auteur sur le document ou, en cas d'impossibilité d'écrire et de signer, établie dans les conditions prévues au second alinéa de l'article R. 1111-17. » « Dès lors qu'elles ont été établies dans le délai de trois ans, précédant soit l'état d'inconscience de la personne, soit le jour où elle s'est avérée hors d'état d'en effectuer le renouvellement, ces directives demeurent valides quel que soit le moment où elles sont ultérieurement prises en compte. »

Que faire avec ce document pour le patient ?

  1. en donner une copie au médecin traitant,
  2.  en donner une copie à lapersonne de confiance si elle est désignée,
  3. en parler si possible aux personnes qui sont les plus proches quant au contenu de ce document et s’assurer que les consignes que sont laissées sont bien comprises de l’entourage,
  4. en garder une copie dans un endroit accessible, par exemple avec le dossier médical personnel,
  5. en apporter une copie en cas d’hospitalisation ou d’entrée en institution (maison de retraite …) et s’assurer qu’elle est parvenue à l’équipe soignante.
  6. en tout état de cause, les coordonnées de la personne qui les détient sont indiquées dans le dossier médical.
  7. les modifications peuvent se faire à tout moment mais il faut que les patients pensent à mettre à jour les copies disponibles. Que faire avec ce document pour la clinique ?
  8. mettre une copie de ces directives dans le dossier patient (attention : durée de validité : 3 ans)

Formulaire : MES DIRECTIVES ANTICIPEES.pdf